Violence conjugale : « On ne peut plus attendre, parce qu’on est en 2025! »
À la veille des élections en Ontario, une survivante de violence conjugale et des organismes de soutien lancent un appel urgent aux partis politiques pour lutter concrètement contre la violence de genre. Les intervenantes du secteur, comme Chantal Mailloux, directrice d’Elle Vive à Timmins, affirment qu'il faut d'urgence une réponse immédiate et plus efficace, car malgré les engagements passés des partis pour lutter contre la violence sexiste, la situation actuelle nécessite des actions concrètes. Chantal Mailloux appelle à des actions concrètes contre la violence de genre en Ontario, soulignant l'urgence d'un soutien renforcé pour les survivantes.
Photo : Gracieuseté : Chantal Mailloux Elle ajoute aussi l’importance de Enfin, Mme Mailloux propose Muriel Lalonde, directrice de Maison Interlude House, une maison d'hébergement pour victimes de violence conjugale dans l'Est de l'Ontario, exprime sa déception face à l'inaction des candidats locaux. Muriel Lalonde déplore l'inaction des candidats locaux face à la violence conjugale, soulignant le besoin urgent de soutien pour les victimes.
Photo : Gracieuseté : Muriel Lalonde Lors de l’entrevue accordée à Radio-Canada, elle précise que seul le candidat libéral Trevor Stewart a exprimé un intérêt à rencontrer les militantes du milieu et à se renseigner sur les enjeux locaux. Mme Lalonde déplore le manque d'engagement des autres candidats de la circonscription de Glengarry—Prescott—Russell. Le témoignage de Marie (nom fictif), une survivante de violence conjugale, met en lumière les réalités dévastatrices de nombreuses personnes. CBC/Radio-Canada a accepté de ne pas révéler son identité, car elle craint pour sa sécurité. Pour de nombreuses femmes, comme Marie (nom fictif), il ne suffit pas de déplorer la réalité vécue par les victimes de violence conjugale. Il est impératif, selon Marie, d'agir en proposant des solutions efficaces et en intégrant la lutte contre la violence conjugale comme priorité dans les programmes électoraux.
Photo : iStock / Halfpoint Marie a survécu à une tentative de meurtre en 2011, mais les abus qu’elle subit depuis continuent de perturber sa vie. Si je vais prendre de l'essence, je crains de devoir payer parce qu'ils vont me dire "Bonjour, madame, comment vas-tu?" Et j'ai juste envie de pleurer. Je m'isole donc beaucoup à cause de cela. Marie souhaite que les partis politiques prennent conscience des traumatismes profonds que ces abus causent et des besoins urgents des victimes. Sa souffrance n'est pas isolée; elle touche aussi ses quatre enfants, qui, comme elle, sont marqués à vie par cette violence. Maïra Martin, directrice générale d'Action ontarienne contre la violence faite aux femmes, représentant 14 organismes francophones, souligne l'urgence d'agir face à la violence conjugale en écho aux paroles de Marie. Elle souligne l'urgence d'agir face à la violence conjugale. Maïra Martin appelle à une coopération entre tous les partis, soulignant que la violence conjugale est trop importante pour être réduite à des querelles partisanes. Photo : Avec l'autorisation de Maïra Martin Pour régler une hémorragie, des pansements par-ci, par-là, ça ne suffit pas. Il faut passer en chirurgie intensive. Mme Martin explique que les quatre représentantes ayant participé au débat en français en Ontario ont été contactées pour discuter de l'urgence de la lutte contre la violence conjugale et sexuelle dans la province. Elle affirme que seules Michelle Petersen (Parti vert) et France Gélinas (NPD) ont manifesté un intérêt pour aborder ces enjeux avec Action ontarienne contre la violence faite aux femmes. Maïra Martin met en évidence le coût social élevé de la violence sexiste, précisant qu’en 2009, la violence conjugale représentait déjà un coût de 7,4 milliards de dollars pour le Canada, un montant qui a probablement augmenté depuis en raison de l'inflation à son avis. Le financement accordé aux organismes depuis 10 ans n’a pas suivi le taux d’inflation. Le manque à gagner représente en moyenne 130 000 $ par organisme. Elle souligne l'importance de considérer l'impact sur le système de santé, les services sociaux, les conséquences émotionnelles et psychologiques à long terme, ainsi que les effets sur les enfants et les frais de soins psychothérapeutiques, qui constituent un lourd fardeau financier. Radio-Canada a contacté les représentants des partis provinciaux de l'Ontario pour connaître leurs actions concrètes contre la violence de genre. Dans un courriel, l'attachée de presse du Parti libéral, Bahoz Dara Aziz, dénonce l'inaction du gouvernement de Doug Ford, mettant en évidence le manque de soutien pour les survivants de violence conjugale, en particulier en matière de logements sécurisés. Elle assure que le Parti libéral s'engage à garantir justice, soutien et abris sûrs pour les survivants. La porte-parole du Parti progressiste-conservateur rappelle que son parti a investi 1,4 milliard de dollars dans des services de soutien pour les victimes de violence, et a annoncé un investissement supplémentaire de 247 millions de dollars. Ces fonds financent des refuges, des conseils, des lignes d'écoute et du soutien au logement. Le parti a également mis en avant l'amélioration du Programme d’appui transitoire pour aider les victimes de violence domestique et de traite des êtres humains à préserver leur indépendance. Le Parti vert et le NPD n'ont pas donné suite à nos demandes.
L'augmentation du financement des centres d'aide aux survivants, des maisons d'hébergement et des services juridiques gratuits pour les survivants de violence est nécessaire
, dit-elle.mettre en place une loi contre les délais excessifs dans les procès
d'agressions sexuelles en cours et plaide pour des personnes sur le terrain, dans différentes régions
, pour offrir les services nécessaires aux femmes.d’assurer une formation obligatoire sur la violence sexuelle et la violence faite aux femmes pour tous les acteurs du système judiciaire et les forces de l'ordre.
Le manque d’engagement des candidats
On a envoyé une demande de rencontre aux candidats [de ma région] pour les sensibiliser, justement, aux enjeux de la violence faite aux femmes dans notre région et puis dans l'Ontario. Et puis, on n'a seulement qu'une réponse
, explique-t-elle.
La santé des femmes a un impact à différents niveaux. C’est un écosystème qui est au centre des familles
, rappelle-t-elle.Le cri du cœur d'une survivante de violence

J'ai pris soin de moi et de chaque enfant au fur et à mesure qu'ils grandissaient. [...] Mais un par un, ils sont devenus suicidaires
, confie-t-elle.Une mobilisation politique nécessaire pour un changement immédiat

On essaie de mobiliser les partis politiques parce que c 'est eux aussi qui ont le pouvoir. [...] On ne peut plus attendre, parce qu'on est en 2025
, lance-t-elleL'impact économique et social
Les différents partis doivent travailler ensemble et éviter les guerres partisanes. [...] Ce sujet est trop important et touche trop de femmes pour qu'il soit réduit à de simples invectives
, conclut-elle. Services offerts et l’évolution des demandes dans les organismes luttant contre la violence faite aux femmes. En 10 ans, la demande s’est accrue en ce qui concerne notamment :
Les lignes en crise hausse de 104% Services de counseling hausse de 62% Services d’approche hausse de 58% Les engagements des partis face à la crise
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